Inauguration du CampusPlex 2.0
- 16 juin
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Né en 2009 au cœur d’Aiacciu, CampusPlex change de dimension en investissant son nouveau vaisseau amiral situé au 95 Cours Napoléon.
Cet immeuble distinctif à la façade couleur terre cuite réunit entreprises digitales, école d’ingénieurs en robotique et financeurs sur 2000m2. Capital, savoir-faire, liberté, il regroupe des ingrédients essentiels pour un écosystème d’innovation. FemuQuì Ventures en fait partie.
Lors de l'inauguration, le jeudi 30 avril, en présence de nombreux convives et amis, son cofondateur Sébastien Simoni, également Président du Conseil d'administration de FemuQuì depuis 2015, a tracé un cap stratégique à travers un discours mêlant émotion et détermination.
Vous trouverez l'intégralité de son discours ci-dessous :
"Monsieur le Cardinal,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Secrétaire général pour les affaires régionales,
Monsieur le Ministre,
Messieurs les Députés,
Messieurs les Sénateurs,
Monsieur le Président du Conseil exécutif de Corse,
Madame la Présidente de l’Assemblée de Corse,
Monsieur le Président de la CAPA et maire d’Ajaccio,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Merci d’être là. Ce moment compte pour nous.
Au XXe siècle, beaucoup de corses ont dû quitter leur terre pour trouver des opportunités ailleurs. Nos parents, eux, portaient un rêve : celui de voir la Corse se développer, créer et offrir un avenir sur son propre sol.
C’est cet héritage d’engagement qui nous a portés à croire que notre île pourrait jouer un rôle dans la révolution d’Internet — un des rares espaces de liberté à ses débuts.
WebzineMaker
Il y a 25 ans, nous créons avec quatre associés WebzineMaker, un système de gestion de contenu en ligne. Notre ambition est claire : participer à la déconcentration de la presse en permettant à chacun de créer son propre journal en ligne, à une époque où les CMS sont coûteux et présents uniquement dans les grands médias.
Inspirés par les visions prospectives du MIT, nous faisons le choix d’une activité entièrement immatérielle, avec l’objectif d’exporter depuis la Corse tout en construisant un cadre de travail à notre image.
Installés dans un ancien magasin de photo transformé en QG, nous vivons les débuts d’Internet comme une période pionnière. Quelques années plus tard, nous franchissons un cap en vendant une licence à l’agence principale de Panasonic à Tokyo, une expérience décisive dans notre ouverture à l’international.
L’embryon d’un écosystème local
Ce voyage au Japon nous fait découvrir de nouveaux modèles d’organisation, notamment les bureaux partagés et les logiques d’entreprises « sœurs ». Cette inspiration donne naissance à une idée : créer un lieu collaboratif en Corse.
À une époque où le coworking est encore quasi inexistant, nous posons les bases de ce qui deviendra CampusPlex. Nous louons un second local et commençons à accueillir de jeunes entrepreneurs, en leur fournissant espace, matériel et accès à nos clients.
Ce premier noyau marque le début d’un écosystème local. Certains de ces entrepreneurs deviendront plus tard les cofondateurs de GoodBarber, prolongeant ainsi cette dynamique collective.
GoodBarber, moteur du succès
Le premier CampusPlex ouvre en 2009 à Ajaccio, réunissant un peu moins d’une vingtaine d’ingénieurs issus de trois startups avec une ambition claire : bâtir un projet technologique international depuis la Corse.
Dans le contexte de l’essor des smartphones, GoodBarber est lancé trois ans plus tard, issu de la fusion de deux startups. Fidèle à l’ADN de « builder », la plateforme vise à démocratiser la création d’applications mobiles. Le succès est rapide : dès 2015, GoodBarber devient un acteur majeur des App Builders, avec 80% de son activité à l’international.
L’entreprise se structure à l’échelle mondiale avec des bureaux aux États-Unis et au Portugal, une équipe multiculturelle et l’anglais comme langue de travail.
CampusPlex, un écosystème local structurant
CampusPlex devient un véritable hub pour l’écosystème tech corse, accueillant startups, entrepreneurs et plusieurs centaines de stagiaires.
Un lien fort se développe avec l’Université de Corse, facilitant le recrutement et la transmission des savoirs, malgré une place encore limitée de l’enseignement supérieur technologique dans le développement de la Corse.
Plusieurs initiatives renforcent cet écosystème. En 2014, Roboticamp, hébergé au sein de CampusPlex, forme plus de 400 enfants au code et à la robotique, tandis que FemuQuì Ventures, lancé par deux anciens du CampusPlex, finance des projets comme Aflokkat, dédié à la création d’une grande école du numérique.
En 2018, nous lançons un concours d’architectes afin de concevoir CampusPlex 2.0 avec l’ambition de créer un flagship dédié au numérique au cœur d’Ajaccio.
Projet flagship : CampusPlex 2.0
Dès l’origine du CampusPlex, une intuition s’impose : réunir en un même lieu startups, formation et capital. À cela s’ajoute une idée plus atypique, liée au contexte insulaire : tirer parti de l’attractivité touristique de la Corse en intégrant une dimension hôtelière permettant d’accueillir des équipes en résidence.
La rencontre avec Serge est déterminante. Elle permet à la fois d’identifier un terrain et de donner une nouvelle ambition au projet.
Le CampusPlex 2.0 s’inspire de lieux découverts à New York, Lisbonne ou Coimbra, où GoodBarber est implanté. Le dessin architectural est confié à l’agence Alba, tandis que le chantier est piloté par les cabinets Pinelli et R2M, partenaires engagés tout au long du projet.
Mené sur près de sept ans, ce projet a nécessité une forte mobilisation et n’aurait pu aboutir sans le soutien de nombreux acteurs — entreprises, bureaux d’études et organismes de contrôle — qui ont contribué avec constance et bienveillance.
Le Crédit Agricole et Bpifrance ont joué un rôle clé en apportant leur confiance à un projet à la croisée de la tech et de la construction, avec les risques que cela comporte.
En complément, les dispositifs publics comme le PIA4, en cofinancement État-Région, ont permis de soutenir l’aménagement et l’animation du CampusPlex, contribuant à finaliser le projet.
Écosystème
Parallèlement au développement de CampusPlex, l’écosystème continue de se structurer et de gagner en maturité.
Sous ma présidence de FemuQuì, plusieurs initiatives ont été engagées pour soutenir l’essor de la tech locale. Parmi elles, le doublement du Crédit d’Impôt Innovation en Corse constitue une avancée significative pour les entreprises innovantes. Le fonds d’amorçage Alzà a également été déployé entre 2021 et 2023, permettant de financer une dizaine de startups.
En 2023, avec le soutien de la Collectivité de Corse, nous avons été retenus lors de l’appel à projets European Digital Innovation Hub du programme Digital Europe. Cette initiative européenne vise à accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle à travers la formation, le prototypage, l’accès au financement et la structuration des écosystèmes. Elle a également permis de fédérer les acteurs locaux autour du projet MIRA.
Dans la continuité de la Grande École du Numérique, le projet d’une école d’ingénieurs en robotique, MIRA, a émergé avec Aflokkat, porté par la conviction que l’intelligence artificielle deviendra profondément physique et incarnée.
Soutenu par FemuQuì et renforcé par l’expertise de l’ESTIA, le projet a obtenu son accréditation en 2023, faisant de MIRA la seule école d’ingénieurs créée en France cette année-là.
Remerciements
Ce moment est aussi l’occasion de dire merci.
Merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à faire exister ce projet. Ils sont nombreux, trop nombreux pour être cités un à un, mais chacun se reconnaîtra — et chacun compte.
Je tiens néanmoins à saluer le soutien déterminant de la Collectivité de Corse, de la Ville d’Ajaccio et de l’État.
Merci également aux architectes, aux bureaux d’études, à la maîtrise d’œuvre et à l’ensemble des entreprises qui ont donné vie à ce bâtiment.
Je veux aussi remercier tous les partenaires de l’écosystème — entrepreneurs, startups, investisseurs — qui croient en cette démarche et l’accompagnent.
Enfin, un merci tout particulier à l’équipe de GoodBarber. Sans vous, rien de tout cela n’aurait été possible.
Conclusion
J’ai lu il y a quelques années un livre un peu fou, Humanité 2.0 de Ray Kurzweil, qui explore une idée vertigineuse : la singularité technologique, ce moment où le progrès devient si rapide qu’il échappe à notre capacité de projection. À l’époque, cette perspective semblait lointaine, située autour de 2040.
Aujourd’hui, elle ne l’est plus. Grâce à l’IA, en moins d’un an, des mois de développement se sont transformés en semaines, voire en jours.
Nous sommes entrés dans cette phase de transition, cette accélération continue qui nous rapproche de cette asymptote.
C’est un changement d’ampleur, bien au-delà de la simple « destruction créatrice » décrite par Joseph Schumpeter.
La prochaine révolution est déjà en marche. Elle sera portée par la robotique et plus largement par la convergence des technologies. Face à cela, notre responsabilité est claire.
J’espère que MIRA contribuera à préparer les entrepreneurs à la robotique et à l’IA physique.
J’espère que FemuQuì saura financer cette nouvelle vague d’innovation.
Le CampusPlex sera le lieu dans lequel celles et ceux qui veulent innover, créer et contribuer à cette révolution seront chez eux.
Au fond, tout cela reste une tentative : prolonger les rêves que nos parents ont placés en nous et enclencher, à notre échelle, un mouvement qui nous dépasse.
C’est sûrement trop peu mais c’est déjà un début."



